Icône de l’image touristique du Québec, la municipalité de Percé (3150 habitants) avec son Rocher et l’Île-Bonaventure est un endroit unique de par son histoire et sa localisation exceptionnelle sur les côtes gaspésiennes. Différents attraits y attirent chaque année plusieurs centaines de milliers de visiteurs. Parmi ces attraits, la promenade qui longe le littoral en traversant le noyau villageois patrimonial de Percé constitue un endroit privilégié de rencontres et d’appréciation du paysage.
Depuis le début des années 2000, Percé est témoin du processus des changements climatiques. Cette réalité entraîne des conséquences majeures sur le rivage de la municipalité. Le couvert de glace, qui historiquement protégeait l’Anse du Sud durant les tempêtes hivernales, est graduellement disparu ce qui a permis une accélération de l’érosion côtière due à la combinaison de grandes marées, d’un plus grand nombre de tempêtes ainsi que de vents de plus en plus forts. Ces facteurs ont contribué de façon irréversible à la destruction de la promenade de l’Anse du Sud, menaçant plusieurs bâtiments importants.
Les tempêtes de 2015 et 2016 ont réussi à causer des dégâts majeurs qui ont incité le ministère de la Sécurité publique à décréter le littoral de Percé et son arrondissement historique comme zone sinistrée. Ainsi, le gouvernement du Québec a accordé une aide exceptionnelle en 2017 pour réviser les études de protection du littoral et procéder en urgence aux travaux de protection et de réaménagement de la grève du littoral ainsi que de la promenade de l’Anse du Sud.
Ce projet multidisciplinaire s’appuie sur une approche de recharge de plage dont la finalité permet de recréer un paysage côtier qui se rapproche du paysage découvert par les premiers utilisateurs du site au 17e siècle, les Jersiais et les Français. Les anciens murs de soutènement de plus de 2 mètres de hauteur qui créaient jusqu’à maintenant une barrière vers la grève laissent place maintenant à une promenade qui s’intègre au littoral.
La réfection de la promenade s’inscrit dans un contexte proactif de lutte aux changements climatiques dans une approche de développement durable. Les travaux d’une envergure de 20 millions de dollars qui ont débuté en juin 2017 se sont terminés à l’été 2018. Dès sa réalisation, la nouvelle promenade de la Grave longue de près d’un kilomètre et a été adoptée par les citoyens et les visiteurs qui retrouvent un paysage naturel et une accessibilité au littoral. Les aménagements publics (le parc des Loups-Marins, la place Suzanne-Guité et l’Allée-desManigots), les espaces de contemplation du paysage, les bancs mémoires et les photos d’époque qui jalonnent le parcours célèbrent le génie du lieu et les valeurs gaspésiennes.
Notre approche en design urbain et paysager a permis de répondre aux enjeux de résilience côtière et de qualité des espaces publics, tout en offrant une amélioration significative du paysage.
Prix et reconnaissances
- Prix national de design urbain en 2018, Institut royal d’architecture du Canada (IRAC)