Un quartier à la fois est une démarche de planification urbaine participative menée par l’Arrondissement de Rosemont–La Petite‑Patrie, en 2024. Elle visait l’élaboration d’une vision territoriale intégrée à l’horizon 2050, en cohérence avec les orientations de la Ville de Montréal et les cadres métropolitains, dans un contexte où les outils de planification doivent à la fois répondre aux exigences d’un schéma d’aménagement et à celles d’un plan d’urbanisme.
Le mandat reposait sur une structuration fine du territoire en 13 quartiers, permettant de reconnaître les identités locales et de traiter les enjeux propres à chacun, tout en construisant une vision d’ensemble cohérente à l’échelle de l’arrondissement. Il visait la définition d’orientations d’aménagement et de plans par quartier, nourris par les aspirations exprimées par la population. L’approche s’appuyait sur le concept d’hyperproximité, afin de renforcer des milieux de vie à échelle humaine où les fonctions essentielles sont accessibles à distance de marche.
Les services rendus comprenaient l’analyse des données sociodémographiques, urbaines et de mobilité, la production de contenus de design urbain et de cartographie 2D et 3D, l’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie de participation citoyenne multi‑outils, ainsi que la collecte, l’analyse et l’intégration des contributions citoyennes aux orientations d’aménagement et à la planification territoriale. La démarche a mobilisé un sondage en ligne et une carte interactive, des consultations dans l’espace public (Bécane à idées), des entrevues auprès de parties prenantes ainsi que quatre soirées citoyennes, une par district. Elle a permis de recueillir 2 640 réponses au sondage, 409 commentaires lors des activités terrain, 28 entrevues, 1 997 idées citoyennes et la participation de 258 personnes aux soirées citoyennes. L’ensemble du processus a doté l’Arrondissement d’une base partagée, représentative et opérationnelle pour orienter les décisions futures en matière d’aménagement.
Le mandat comprenait deux volets complémentaires. Le premier volet portait sur l’élaboration d’une vision de la gestion de l’urbanisation à l’horizon 2050, incluant la mise à jour des projections sociodémographiques, l’identification des sites de développement et de redéveloppement, ainsi que l’évaluation du potentiel de densification (logements et hauteurs), appuyée par des modélisations 3D. Il a également permis de définir une stratégie de densification douce des milieux bâtis existants, en tenant compte des enjeux d’acceptabilité sociale.
Le second mandat visait la définition d’une stratégie de mobilité et d’apaisement de la circulation à l’échelle des quartiers, fondée sur l’analyse de la circulation locale et des pratiques québécoises et internationales, notamment le concept des superîlots. Cette approche mise sur la hiérarchisation du réseau, la réduction du transit de passage, la redistribution de l’espace public et la modulation des vitesses afin d’améliorer la qualité des milieux de vie. Des typologies d’interventions sur le domaine public, permettant la constitution progressive de ces îlots par phasage, ont également été proposées.
Par sa portée, sa rigueur analytique et l’ampleur de la mobilisation citoyenne, cette démarche a permis de doter l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie d’une vision territoriale intégrée, partagée et opérationnelle. Elle constitue une base solide pour accompagner l’évolution du territoire à long terme, en conciliant densification, mobilité, qualité de vie et transition écologique.