Le Gespe’gewa’gi Institute of Natural Understanding (GINU) est un organisme à but non lucratif dédié à la recherche sur les milieux aquatiques. Leur conseil d’administration est formé de membres de plusieurs communautés Micmaques, notamment les nations de Listuguj, Oinpegitjoig et Ugpi’ganjig. Les activités du GINU portent surtout sur la gestion et l’intendance des habitats, de même que la recherche et la préservation de connaissances écologiques traditionnelles Micmaques. Ils collaborent entre autres avec les Premières Nations afin de fournir une expertise scientifique en lien avec les ressources aquatiques.
En 2021, le GINU a mandaté AECOM à titre d’expert en services-conseils afin d’améliorer le passage du poisson pour des projets de restauration. En préconisant une collaboration active, plusieurs sites problématiques ont été restaurés pour permettre le passage du poisson et rétablir la connectivité entre ces habitats essentiels, en toutes conditions hydriques. Le GINU a fait une priorisation des sites à restaurer en fonction des gains en habitats et AECOM a aidé à l’évaluation de la faisabilité technique pour y arriver. Ensuite, des croquis d’aménagement ou des plans étaient proposés, et un plan de travail a été établi ensemble.
Au Québec, la reconnexion des habitats favorables à l’omble de fontaine, au saumon atlantique et à l’anguille d’Amérique a été réalisée dans le sous-bassin versant du ruisseau Blais, un affluant de la rivière Matapédia, située dans la municipalité de Causapscal au Bas-Saint-Laurent. Mis à part son rôle au niveau de la migration de l’anguille d’Amérique, l’importance écologique de ce cours d’eau est partiellement attribuée au fait qu’il représente un refuge thermique d’importance, contribuant au maintien du saumon atlantique et de l’omble de fontaine face aux évènements thermiques élevés survenant à l’étiage durant la période estivale.
Le projet visait plus spécifiquement la restauration de deux ponceaux, de type portique carré en béton, agissant en tant que barrière à la connectivité aux habitats productifs situés en amont, habitats vitaux à la fraie, l’élevage, l’alimentation et l’hivernage des espèces ciblées. Les travaux ont permis d’aménager deux seuils fauniques, d’ajouter un substrat de reptation adapté à l’anguille d’Amérique et l’ajout de chicanes en béton, coulées sur place, aux ponceaux afin de favoriser le passage des salmonidés. Finalement, deux seuils bois ont aussi été retirés afin de compléter les mesures favorisant le passage du poisson dans ce tronçon du cours d’eau. La caractérisation écologique des milieux naturels environnants, de même que l’émission d’une demande de certificat d’autorisation en vertu de l’article 22 de la LQE complète l’étendue des services offerts par AECOM dans le cadre de ce mandat.
Au Nouveau-Brunswick, le GINU a également sollicité l’équipe d’AECOM pour procéder à des aménagements pour assurer le libre passage du poisson, au droit de différents ponceaux problématiques, dans le bassin versant de la rivière Restigouche. Depuis 2021, une douzaine de sites ont été restaurés pour rétablir la connectivité d’habitats des populations de salmonidés et des anguilles. Ces travaux ont été autorisés au préalable par octroi de permis au GINU par le gouvernement du Nouveau-Brunswick. Certains projets de restauration sont d’ailleurs cités en exemple dans les Lignes directrices pour les traversées de cours d’eau au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard (MPO, 2025) .


